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Comprendre les raisons des manifestations étudiantes

Universités bloquées, amphis occupés, manifestations, Assemblées Générales, pour les étudiants, tous les moyens sont bons pour exprimer leur colère et faire entendre leurs revendications. En cause, la loi Orientation et Réussite des Etudiants (ORE) promulguée le 8 mars dernier, qui prévoit une réforme profonde de l’Université. En bref, les manifestations étudiantes font la une de tous les médias, votre coach Kibitz vous aide à comprendre les raisons de ce soulèvement.

Que prévoit concrètement la loi ORE ?

Après le couac de l’année dernière et l’échec de la plateforme Admissions Post-Bac, quelques 87 000 jeunes s’étaient retrouvés sans affectation au début de l’été. Ainsi, le Gouvernement n’avait pas d’autre choix que de réformer. Cette loi, issue du Plan Etudiant présenté en octobre 2017, a pour objectif premier d’offrir à chacun des bacheliers une place à l’Université et prévoit donc :

  • Une nouvelle plateforme d’orientation dédiée – Parcoursup.
  • La fin du principe de sélection par tirage au sort et la mise en place d’un traitement personnalisé et qualitatif des inscriptions par les universités.
  • La mise en place d’un programme d’accompagnement pour les étudiants n’ayant pas été retenu dans la formation demandée.

Pourquoi fait-elle polémique ?

Tout simplement car elle est jugée élitiste par les associations étudiantes et fédérations étudiantes. Selon l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), ces réformes, en rajoutant une sélection sur des critères qualitatifs des candidats, ne font qu’augmenter les discriminations sociales et réduisent l’égalité des chances.

De plus, il n’y a pas que du côté des étudiants que la polémique fait rage : les personnels universitaires sont également concernés puisqu’ils devront personnellement étudier les dossiers des candidats, ce qui représente une charge de travail supplémentaire non-négligeable.

Les manifestants réclament donc la suppression de la loi et davantage de moyens pour l’enseignement supérieur.

Quelle est l’ampleur du mouvement ?

Sur les 70 universités françaises, une dizaine sont concernées telles que Montpellier, Toulouse, Bordeaux et Paris. L’intensité des actions est, quant à elle, élevée : les blocages organisés ont de lourdes conséquences redoutées par les Présidents d’Université : universités fermées, cours totalement arrêtés, examens menacés… La ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal, a récemment appelé au calme et a ordonné l’évacuation de nombreux sites occupés.

Après avoir annoncé le déblocage de 10 millions d’euros pour financer les parcours personnalisés des élèves, le gouvernement affirme cependant vouloir aller au bout de son projet.

Affaire à suivre…

 

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